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Médiathèque

Une BD nous conte l'histoire d'une civilisation Sans Argent

Joanne Lebster, le debut dun nouveau monde

Une jeune fille un peu trop curieuse comprend, suite à la découverte d'un bijou énigmatique, que sa grand mère est un personnage étudié dans les livres d'Histoire. Devant l'insistance de la petite fille, la grand mère (alias Joanne Lebster dans sa jeunesse) lui raconte alors les coulisses d'une évolution majeure pour l'humanité...

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Les éditions RJTPLes éditions RJTP

Société sans monnaie (sans argent) ni troc ni échange direct - Marc Chinal

Que pense Pierre Rabhi du système post-monétaire ?

Paul Jorion : un système sans monnaie

Noël Mamère et une civilisation sans argent.

« Le porte-monnaie : Une société sans argent ? » de Jean-François Aupetitgendre

Le porte monnaie d'AupetitgendreEt si le système bancaire et boursier se grippait au point de rendre l’outil monétaire inopérant ? Le monde s’écroulerait-il sans la clef de voûte de l’argent ? L’auteur imagine une hyperinflation mondialisée qui contraint brutalement la société à se réorganiser, pour survivre sans euros, sans dollars, sans yens sonnants et trébuchants !
Un immeuble d’une ville de province sert de cadre à cette hypothèse.
Il est occupé par un notaire, un menuisier, une institutrice, un escroc notoire, un commissaire de police etc., chacun vivant la crise à sa manière, comme un drame ou une opportunité, avec espoir ou angoisse.
Ce qui est sûr, c’est qu’aucun aspect de la vie quotidienne n’avait échappé à l’empreinte de l’argent, de la financiarisation, de la marchandisation et qu’il faut tout réinventer, changer de paradigmes.
Ce que les intellectuels, les révolutionnaires, les contestataires de tous bords n’avaient jamais pu susciter, la nécessité va y contraindre.
Le coeur du système étant atteint, c’est le dos au mur et dans l’urgence que l’homme doit imaginer d’autres modes de fonctionnements possibles.
Fable philosophique, fiction politique, vision prémonitoire ? C’est en tous les cas, un exercice pratique et concret, une vivante projection imaginaire, bien loin de toutes les idéologies dominantes et de tous les impératifs économiques qui nous gouvernent…
Commandez-le...

 

Marcos Arruda et une société sans monnaie

Michel Derudder et une civilisation sans monnaie

UTOPIA de Thomas More

Utopia de Thomas MoreLa base de l’organisation utopique est la stricte égalité entre les êtres. Pour assurer cette égalité, il n’existe ni propriété, ni argent. C'est le point central sur lequel le débat s'engage avec Thomas More (lui-même personnage de l’œuvre) qui semble d’abord sceptique vis-à-vis de cette idée, qui encouragerait selon lui la fainéantise. C’est alors que le voyageur Raphaël décrit toute l’organisation d’Utopie : chacun se voit prêter une maison pour 10 ans. Tous sont agriculteurs pendant 2 ans (ou plus s’ils le souhaitent), et travaillent 6 heures par jour. Il n’y a aucun oisif (pas de « nobles » par exemple). Tous ont les mêmes vêtements. Ils prennent leur repas en commun. Le temps libre est consacré à des loisirs comme les échecs ou l'apprentissage des belles lettres. Il y a des cours gratuits pour adultes, la culture devant être accessible à tous. Les Utopiens ne sont pas superstitieux, il n’existe aucune forme de divination ou d’augure. Les jeux de hasard sont interdits, le luxe inexistant. La chasse est interdite, sauf pour les bouchers (qui sont des esclaves), par nécessité, il ne s’agit donc pas d’un amusement. L'or et l’argent (le matériau) n’ont aucune importance. Un système de péréquation entre les villes permet d’aider les plus pauvres. C’est seulement par un tel système qu'on peut se soucier réellement de l’intérêt général, quand la fortune de l’Etat est bien distribuée. Il n’y a pas de pauvres en Utopie. Au contraire, dans les autres formes d’organisation, chacun doit toujours penser à lui-même, et il y a une « conspiration des riches », qui font les lois, et qui parviennent par ces lois à maintenir leur domination et à exploiter les pauvres. Ils veulent rester supérieurs et se réjouir en se comparant aux pauvres, plus bas qu’eux. « L'orgueil ne mesure pas le bonheur sur le bien-être personnel, mais sur l'étendue des peines d'autrui. » Commandez-le

Ali Laïdi (économiste à l'IRIS) et le monde de l'après monnaie

Eric De Montgolfier face au défi d'un monde post-monétaire

M‪atthieu ‬R‪icard et la civilisation sans argent‬

Un message du futur...

À nous de choisir (2016) du Projet Venus - Vostfr

Zeitgeist : Moving Forward (VOSTFR) de Peter Joseph

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Un programme de recherches

Denis Blondin a publié La mort de l’argent en 2003 aux Editions La Pleine lune (Québec). Il nous avait autorisés à en publier des extraits dans PROSPER. L’ouvrage est d’une lecture très accessible au grand public et vivement recommandé à tous ceux que l’hypothèse d’une civilisation sans argent interpelle.
Les pages qui suivent, extraites de l’introduction, portent la marque du professeur d’anthropologie. Sa typologie des trois « centralités » (parenté, religion, argent) interpelle vivement les chercheurs en désargence. Denis Blondin ne va pas au-delà de la troisième. Il n’envisage pas moins qu’elle pourrait bien ne pas être la dernière et que la quatrième sera, comme les précédentes, liée à un nouveau saut démographique.
Celui-ci s’est depuis encore confirmé et ses conséquences aggravées. Comment gérer un tel surcroît d’humains insolvables ? Les « bonnes guerres » d’antan ne tuent plus autant. Les crises alimentaires pourraient quand même un peu aider, et donc le réchauffement de la planète ? Vive le gaz de schistes et la fonte des pôles…! Vive le climato-scepticisme…
Et pourquoi ne pas recourir à l’informatisation des données, l’outil 01 dont on avait en 2003 une fréquentation trop courte pour y voir, comme nous le pouvons en 2013, une alternative toute trouvée à l’argent ?
Toutes les conditions sont donc réunies pour la quatrième centralité !
Reste à la mettre en ondes politiques.

Qu’il s’agisse d’une vision ou d’un rêve, d’une suggestion ou d’une hypothèse, l’idée de la mort de l’argent mérite qu’on s’y arrête. Elle découle d’un raisonnement très simple : l’argent n’a pas toujours existé, il n’est donc pas éternel. Il n’est pas indissolublement lié à notre condition d’êtres humains et sociaux. D’autres systèmes sociaux ont vu le jour et ont finalement disparu ou à peu près. Depuis que notre espèce existe, homo sapiens, avec son gros cerveau, son intelligence et sa compétence culturelle, nous avons vécu sans argent bien plus longtemps qu’avec lui. Cette expérience humaine et sociale s’étend sur environ mille siècles, c’est-à-dire trois ou quatre mille générations, peut-être même le double. C’est un fait que nous avons tendance à écarter, sous prétexte qu’il s’agirait de « nos ancêtre » et non pas de « nous ». Et pourtant, il s’agit bien de « nous » et non pas de nos ancêtres, ces Australopithèques, Homo erectus ou autres grands singes bipèdes à petits cerveaux, que nous avons humanisés pour « nous » donner une très grande ancienneté et pour créer l’illusion que « nous » serions en train d’évoluer continuellement.
La vie sans argent, une vie humaine et sociale, riche et complexe, est non seulement possible, elle a été la réalité vécue par un nombre d’humains qui pourrait même être supérieur au total de ceux qui ont vécu avec l’argent. Ces humains, dans la mesure où nous pouvons en avoir au moins une connaissance floue, ainsi que certains de nos contemporains vivant en petites communautés, ont choisi de vivre dans des sociétés où c’est la parenté qui joue le rôle de système social central. Puis, il y a tout au plus cinquante siècles, dans certaines circonstances qui tiennent à la quantité d’humains et non pas à leur qualité, d’autres humains ont élaboré des sociétés plus grosses, fondées sur la religion plutôt que sur la parenté. La parenté n’est pas morte, elle a simplement cédé la place à la religion comme système social central. Et elle a trouvé des façons de se réincarner dans « la religion ». Par exemple, dans la chrétienté, on a formé des communautés de pères, de mères, de frères ou de sœurs. Peut-être aurions-nous même connu des communautés d’oncles ou de tantes si la religion avait poursuivi son développement, si la chrétienté ne s’était pas muée en Occident, si dieu ne s’était pas réincarné en écus, en louis ou en dollars. Cette autre mutation est aussi une affaire de quantité d’humains, et de grosseur de la société, pas de qualité. La religion a aussi trouvé des façons de se réincarner dans l’argent, comme on le verra. Cette succession de types de fondements sociaux est liée à la taille de la société. La parenté dans les petites communautés, la « religion » (ou l’idéologie) dans les états et les empires, l’argent dans la société internationale et intermultinationale.1
Maintenant, toute la question est de savoir si l’argent représente l’état final de la condition humaine et sociale, s’il constitue bien « cet horizon indépassable de notre temps », selon la formule d’André Gauron2, ou s’il finira lui aussi par céder la place à quelque autre type de système social central. Je penche pour la deuxième hypothèse, surtout parce que notre société est en train de changer une autre fois d’échelle de grandeur. Nous avons développé l’argent comme système idéal pour nos relations sociales internationales, la religion pour les relations sociales nationales, et la parenté pour nos rapports sociaux à l’échelle communautaire. Mais dans la société véritablement mondialisée qui est en train d’émerger, intégrant des milliards d’humains de cultures différentes, il faudra trouver autre chose. En parlant de société mondialisée, je me situe ici sur le plan de l’identité et de la conscience – une conscience qui me semble avoir émergé il y a seulement dix ou quinze ans – car sur le plan des échanges matériels, nos rapports sont mondialisés depuis environ cinq siècles. […]
Une réflexion sur l’argent ne concerne pas que les futurologues. Elle vise surtout notre compréhension des processus sociaux qui sont à l’œuvre, des mécanismes qui les gouvernent et des institutions qui les incarnent. Je m’efforcerai d’y jeter un regard très global, un regard d’anthropologue naïf. J’ai déjà évoqué une certaine théorie du « développement » en insistant sur la quantité d’humains en présence. Un tel moteur démographique se rattache évidemment à un certain substrat matériel, écologique, et aux divers systèmes technologiques. L’impact écologique est déjà une bonne raison d’imaginer que notre civilisation monétaire frappera tôt ou tard un mur. Tout cela n’est pas très nouveau, même si nous réussissons à l’oublier grâce à diverses astuces. En particulier, l’idée fausse que nous serions en train d’« évoluer ». L’être humain, la nature humaine, ne constitue pas une variable mais une constante à travers les sociétés et les époques. Or nous n’avons pas encore réussi à nous débarrasser de l’idée de race et de l’idée d’évolution. Nous nous accrochons à l’illusion de pouvoir cloner toute la planète et nous cloner nous-mêmes.
Avec un tel héritage culturel, les sciences humaines n’ont pas vraiment fourni d’explication cohérente quant aux divers destins des sociétés humaines. Je ne prétends pas y réussir non plus. Je souhaite seulement montrer certaines incohérences dans les explications qui sont les plus populaires. Un examen des bases matérielles des sociétés ne suffit pas à comprendre ce qui se passe. C’est pourquoi je veux étudier cet immense problème en tenant compte aussi, et surtout, de nos constructions symboliques et sociales. Ce serait difficile de faire autrement, étant donné que l’argent est un pur symbole, et non pas un instrument d’action matérielle3. Nous devons chercher à tenir compte de ces deux niveaux de la réalité humaine : notre corps qui a besoin de calories et notre esprit qui se nourrit de symboles tels que l’argent. Le tout englobé dans une existence qui n’est pas individuelle mais sociale. Cette dernière idée est sans doue la plus difficile à faire entrer dans la tête individuelle d’un Occidental.
Dans la tête de n’importe quel être humain, la capacité d’abstraction est telle qu’il peut plaquer le concept d’« argent » sur n’importe quelle réalité investie de valeur à ses yeux4. De toute évidence, l’idée de la mort de l’argent ne concerne pas cela mais plutôt celle d’un certain nombre d’institutions qui lui sont consacrées. Cette idée de la mort de l’argent peut, à prime abord, apparaître aussi odieuse qu’utopique. L’argent est si étroitement associé à nos rêves, nos désirs, nos projets ou nos ambitions que l’idée de sa mort peut résonner comme leur glas. Nous confondons alors la fin et les moyens. Dans mon esprit, il ne s’agit pas de créer un « homme nouveau » à l’image d’une quelconque utopie socialiste avancée. Il ne s’agit pas de faire taire nos désirs ou nos rêves, de renoncer à nos projets ou à nos ambitions, mais de leur donner un autre visage que celui de l’argent. Tout simplement leur vrai visage. Au lieu de rêver à l’argent pour conquérir l’élu ou l’élue de notre cœur ; pour obtenir de la notoriété ou de l’influence, ou même pour acquérir un bien matériel, nous pouvons imaginer d’autres moyens plus directs et plus efficaces d’y arriver. Cette façon de voir les choses pourrait déboucher sur une certaine psychologie individuelle concernant l’argent, même si ce n’est pas du tout l’objet de ce livre.
La Mort de l’Argent, p. 13-17

NDRS [note des rédacteurs du site].
1- Sans l’avoir imaginée, au départ, comme l’opérateur d’une nouvelle « centralité », la substitution de l’informatisation des données à l’usage des prix était déjà liée dans notre esprit à la taille des sociétés à l’âge où le nombre d’usagers de la planète explose et où l’exploitation des ressources par l’entremise des profits monétaires menace les capacités mêmes de la planète à les renouveler.
La succession des trois centralités décrite par Denis Blondin nous intéresse d’autant plus vivement que nous pouvons désormais enjamber, d’un point de vue théorique, sur une quatrième.
Remarquons, au sujet de la centralité de la parenté ou de la religion qu’elles avaient des effets protecteurs et sécurisants. Quand les instances qui s’en arrogeaient la responsabilité pratiquaient la menace et la mise à mort, elles le faisaient à une échelle relativement restreinte. On savait qui punissait et qui était puni.
Les effets protecteurs de la centralité de l’argent impliquent quant à eux un effort et permanent de chacun pour en avoir en suffisance et « jouer le jeu ». La notion d’échec s’agglomère à celle de la culpabilité, sanctionnée d’une manière absolument impersonnelle, par des « plans sociaux » (licenciements) et des famines, par la honte de l’exclusion et de l’assistance. Pour le dire autrement : la centralité de la parenté et de la religion n’a jamais menacé l’espèce ni la planète. Ce n’est pas le cas de la centralité de l’argent.
On peut déjà prévoir les effets protecteurs qu’aura la centralité de l’informatisation : les données seront objectives et leur objectivité sans cesse approfondie, le calcul de « fourchettes » quantitatives sur lesquelles appuyer nos choix ne seront pas soumis à des intérêts privés, les risques des décisions seront autrement éclairés, assumés, toute expérience pourra être interrompue à tout moment sans honte, etc. Et en ce qui concerne les comportements ? Que l’abolition de l’argent mettra l’expérience personnelle et collective au centre et rompra avec l’idéologie et la glorification de la réussite.
2- André Gauron, Les Remparts de l’argent, Odile Jacob 1991, p. 20
3- Si on prend la phrase à la lettre, Denis Blondin s’avance ici beaucoup. On ne saurait néanmoins trop insister sur le fait que l’argent est (aussi) un symbole, de puissance, de réussite, de modernité, par le truchement de ce qu’il permet d’acheter. On en a même fait un symbole absolu : celui de « la » civilisation.
4- Voir sur le sujet La pensée-marchandise d’Alfred Sohn Rethel (Préface d’Anselm Jappe, Ed. du Croquant, 2010). Selon l’auteur, l’usage de « l’argent » est le grand oublié de pensée, un « oubli » qui procède du même procès d’abstraction que Marx dénonce comme la caractéristique la plus essentielle du capitalisme.

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